Bouillons cubes : de quoi sont-ils vraiment composés et sont-ils bons pour la santé ?

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Vous ajoutez peut-être un bouillon cube sans trop y penser, juste pour « donner du goût ». Pourtant, derrière ce petit carré se cache un vrai concentré de sel, d’additifs et de graisses qui peuvent peser lourd sur votre santé. Et la bonne nouvelle, c’est qu’il existe des alternatives simples, économiques et bien plus saines.

De quoi est vraiment composé un bouillon cube ?

Un bouillon cube, ce n’est pas d’abord du poulet, du bœuf ou des légumes. C’est surtout du sel. Si vous lisez l’étiquette, le sel apparaît en général en tout premier ingrédient.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : en moyenne, 100 g de bouillon cube contiennent environ 48 g de sel. Un seul cube de 10 g apporte donc près de 5 g de sel. C’est déjà la dose maximale de sel recommandée par l’Organisation mondiale de la santé pour une journée entière.

À côté du sel, on trouve souvent :

  • des sucres ajoutés (saccharose, sirop de glucose) pour adoucir le goût
  • des graisses végétales, souvent de l’huile de palme
  • des arômes artificiels pour imiter le goût de la viande ou des légumes
  • des additifs : exhausteurs de goût, colorants, conservateurs, émulsifiants

La proportion réelle de viande ou de légumes est en général très faible. Parfois quelques pourcents seulement.

Pourquoi les bouillons cubes posent problème pour la santé ?

Un excès de sel dans un tout petit cube

En France, la consommation moyenne de sel dépasse 9 g par jour chez l’adulte. Or, 80 % de ce sel ne vient pas de la salière. Il se cache dans le pain, la charcuterie, les plats préparés, les fromages… et les bouillons cubes.

Un plat de pâtes, de riz ou de soupe assaisonné avec un cube peut donc vous faire atteindre d’un coup la limite quotidienne recommandée. Puis viennent le pain, le fromage, la sauce… et l’on dépasse très vite le seuil.

Manger trop salé favorise :

  • la rétention d’eau
  • l’hypertension artérielle
  • un risque accru de maladies cardiovasculaires

C’est pour cela que de nombreux nutritionnistes conseillent de limiter fortement l’usage des bouillons cubes, surtout au quotidien.

Un produit ultratransformé à consommer avec prudence

Les bouillons cubes font partie des produits ultratransformés. Ils subissent de nombreux procédés industriels. Résultat : perte de nutriments, ajout d’additifs, texture modifiée.

On y retrouve fréquemment :

  • des exhausteurs de goût comme le glutamate monosodique (E621)
  • des colorants parfois fabriqués à partir de composés ammoniacaux
  • des conservateurs et stabilisants

Certaines études associent une consommation élevée de produits ultratransformés à un risque plus élevé de maladies cardiovasculaires, de certains cancers, voire de troubles comme la dépression. Le glutamate, chez les personnes sensibles, peut aussi déclencher maux de tête ou nausées.

L’huile de palme, un ingrédient discret mais important

L’huile de palme est très souvent utilisée dans les bouillons cubes. Elle sert à donner de la tenue au cube et à éviter qu’il ne fonde avant usage. Pourtant, cette graisse est riche en acides gras saturés. Consommés en excès sur le long terme, ils peuvent :

  • augmenter le « mauvais » cholestérol
  • favoriser la prise de poids
  • accroître le risque de maladies cardiovasculaires

Et au-delà de la santé, la production massive d’huile de palme entraîne déforestation et disparition d’habitats naturels. Un impact environnemental loin d’être négligeable.

Peut-on encore utiliser des bouillons cubes sans danger ?

Si vous ne souhaitez pas les supprimer totalement, il est possible de réduire leur impact sur votre alimentation. L’idée centrale : en faire un produit d’exception, pas un réflexe quotidien.

  • Diviser les doses : utiliser un demi-cube au lieu d’un cube pour un plat
  • Diluer davantage : 1 cube dans 2 litres d’eau au lieu d’un seul
  • Ne pas resaler le plat avant d’avoir goûté
  • Lire les étiquettes et privilégier les versions :
    • réduites en sel
    • sans glutamate ajouté
    • sans huile de palme lorsque c’est possible

Cela ne rend pas le bouillon cube « bon pour la santé ». Mais cela limite les excès et les apports cachés de sel et d’additifs.

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Des alternatives naturelles pour remplacer les bouillons cubes

Heureusement, pour donner du goût à vos plats, il existe des solutions bien plus simples, souvent moins chères et infiniment meilleures pour votre corps.

Les herbes, épices et aromates du quotidien

Pour relever un plat de pâtes, une soupe ou un ragoût, vous pouvez déjà miser sur quelques alliés très puissants :

  • Herbes aromatiques : thym, laurier, persil, ciboulette, basilic, romarin
  • Épices : curcuma, paprika, cumin, curry, poivre, muscade
  • Aromates : ail, oignon, échalote, gingembre frais

Un simple riz cuit avec une feuille de laurier, une gousse d’ail écrasée et un filet d’huile d’olive gagne énormément en saveur. Sans bouillon cube, et avec beaucoup moins de sel.

Recette facile : bouillon de légumes maison

Vous pouvez préparer un bouillon de légumes maison en grande quantité puis le congeler. C’est très simple, et vous savez exactement ce qu’il contient.

  • 2 carottes (environ 150 g)
  • 2 branches de céleri (environ 100 g)
  • 1 poireau moyen (environ 150 g)
  • 1 oignon (environ 80 g)
  • 2 gousses d’ail
  • 2 l d’eau
  • 2 branches de thym
  • 2 feuilles de laurier
  • 5 brins de persil
  • 1 c. à café de sel fin (facultatif, et à adapter)
  • Poivre au moulin

Préparation :

  • Laver et couper les légumes en gros morceaux.
  • Les mettre dans une grande casserole avec l’eau, les herbes, l’ail et l’oignon.
  • Porter à ébullition, puis laisser frémir 40 à 45 minutes.
  • Filtrer le bouillon, rectifier très légèrement le sel si besoin.
  • Laisser refroidir, puis conserver 3 jours au réfrigérateur ou congeler en portions (par exemple dans un bac à glaçons).

Vous obtenez un bouillon riche en arômes, bien plus léger en sel et sans additifs. Parfait pour les soupes, les risottos, les sauces.

Recette anti-gaspillage : bouillon de volaille maison

Un reste de poulet rôti ? Ne jetez pas la carcasse. Utilisez-la pour préparer un bouillon de volaille.

  • 1 carcasse de poulet cuit (sans trop de peau grasse)
  • 1 carotte (environ 80 g)
  • 1 branche de céleri
  • 1 poireau ou 1 petit oignon
  • 2,5 l d’eau
  • 1 feuille de laurier
  • 1 branche de thym
  • Quelques grains de poivre
  • 1/2 c. à café de sel seulement, voire moins

Préparation :

  • Mettre la carcasse et les légumes en morceaux dans une grande marmite.
  • Ajouter l’eau froide, les herbes, le poivre.
  • Porter à ébullition, puis laisser mijoter doucement 1 h 30 à 2 h en écumant si besoin.
  • Filtrer, ajuster très légèrement le sel.
  • Refroidir rapidement puis conserver au frais 3 jours ou congeler.

Ce bouillon maison apporte du goût, des minéraux, et remplace très avantageusement un cube industriel dans une soupe de vermicelles, un risotto ou une sauce.

Faut-il bannir totalement les bouillons cubes ?

La réponse dépend surtout de votre fréquence de consommation et de votre état de santé. Si vous avez de l’hypertension, un risque cardiovasculaire ou si vous consommez déjà beaucoup de produits préparés, mieux vaut les éviter autant que possible.

Pour les autres, il peut s’agir d’un produit à garder pour un usage vraiment occasionnel. Mais avec l’habitude, vous verrez qu’un plat bien cuisiné avec de bons produits frais, des herbes et des épices, n’a absolument pas besoin de cube pour être savoureux.

En résumé : les bouillons cubes sont pratiques, oui. Mais ils sont très salés, ultratransformés, souvent riches en additifs et en huile de palme. En face, les bouillons maison, simples herbes et épices offrent une alternative plus saine, plus naturelle et tout aussi parfumée. À vous de choisir ce que vous voulez vraiment mettre dans votre assiette… et dans votre corps.

Laura Delaunay
Laura Delaunay

Laura Delaunay est journaliste culinaire spécialisée en gastronomie turque et cuisines du Levant. Diplômée de l’Institut Paul Bocuse en arts culinaires et management de la restauration, elle a travaillé plusieurs années dans des restaurants stambouliotes réputés de Karaköy et Beyoğlu. Passionnée par les liens entre recettes familiales et histoire des quartiers d’Istanbul, elle s’intéresse autant aux techniques de cuisson traditionnelles qu’aux nouvelles tendances food. Sa spécialité éditoriale : raconter la culture d’un plat à travers ses produits, ses gestes et les lieux qui l’entourent. Elle écrit sur Royal Istanbul 27 pour partager une approche authentique et accessible de cette gastronomie au quotidien.

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